Mon ombre assassine d’Estelle Tharreau : Peut-on faire confiance à cet écrivain ?

 

 

J’ai eu, il y a quelques années, la chance d’assister à une masterclass de James Patterson. Dans celle-ci il indiquait qu’une des clés du succès en tant qu’auteur est de trouver un modèle et de l’utiliser ensuite pour tous ses livres. C’est, disait-il, ce qui lui a permis de vendre autant de livres. Des auteurs comme Jean-Loup Sulitzer ou Danielle Steel se servent de cette méthode.

En ce qui me concerne je pense, qu’en tout cas, l’auteur vraiment talentueux est celui qui prend le risque de changer à chaque fois les règles du jeu sans perdre son lecteur. En ce qui concerne Estelle Tharreau, c’est un pari totalement réussi.

Si vous avez lu ses deux premiers livres (Orages et l’Impasse), vous avez déjà pu remarquer qu’elle a la fâcheuse habitude de vous scotcher  tout en utilisant une méthode et un genre différents à chaque fois. Elle n’a pas fait exception cette fois-ci.

Dans « Mon ombre assassine » on ne cherche pas le meurtrier. On ne se pose pas la question du pourquoi et on ne se demande pas si le surnaturel y est pour quelque chose, non. Dans ce livre  c’est « cash » depuis le début puisque c’est l’assassin (ou plutôt dans ce cas la meurtrière) qui écrit, se dévoile et nous confie tous ses crimes. Le souci c’est qu’à part elle tout le monde est persuadé qu’elle est innocente !

Nadège, fille modèle, « sœur courage » d’une handicapée, bénévole et institutrice adorée des enfants, tue un policier qui tentait de la violer. Du moins c’est la version officielle. La réalité est, elle, bien plus terrifiante que vous ne pouvez l’imaginer.

Comme pour chacun de ses livres, Estelle Tharreau va se servir de sa formidable empathie pour rentrer dans la tête des personnages qui en deviennent tellement réels que vous ne pourrez plus vous empêcher de regarder « votre gentille voisine » d’un drôle d’air. Quand à Nadège, et pour travailler moi-même dans un certain milieu, je peux vous garantir qu’elle est totalement réaliste.

Je disais dans les autres chroniques qu’il y avait chez l’auteur un air d’Agatha Christie. Et bien je peux vous dire qu’Agatha Christie c’est du conte pour enfant à côté de ce récit particulièrement glaçant mais dont vous ne voudrez pas perdre une miette jusqu’à la fin.

Encore un sans faute pour les éditions Taurnada qui ont plutôt intérêt à garder très précieusement cette perle dans leur maison.

D’ailleurs je crains malheureusement qu’ils n’aient plus tellement le choix s’ils tiennent à leur vie. Si Nadège a si bien réussi à berner son monde c’est que « la nature avait tout prévu. Elle m’avait doté d’un visage d’une absolue candeur…. blonde comme les blés, des yeux bleu azur, une peau de porcelaine, une bouche semblable à la rose d’été. Je vous l’avais bien dit, un visage qui supportait toutes les comparaisons et les clichés de l’innocence occidentale ». Ça ne vous rappelle personne ?

Moi en tout cas, si j’étais eux, je ne dormirais pas tranquille.

En tout cas vous ne dormirez certainement pas avant d’avoir fini ce livre que je vous conseille chaudement !

Auteur de l’article : Ciena

2 commentaires sur “Mon ombre assassine d’Estelle Tharreau : Peut-on faire confiance à cet écrivain ?

    Estelle Tharreau

    (25 mars 2019 - 21 h 14 min)

    Bonjour Ciena, merci de me suivre encore et toujours. Ta chronique m’a touchée à plus d’un titre et m’a également fait sourire. Ne t’inquiète pas pour Joël! Il est toujours ligoté dans ma cave, mais il ne se plaint pas… Il n’a pas intérêt. Bises et encore merci. Estelle

      Ciena

      (11 avril 2019 - 12 h 58 min)

      Un lecteur du blog m’a dit « On dirait qu’il y a du favoritisme par ici ! ». Peut-être mais quand il y a du talent ben… il y a du talent ! 🙂

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